Urgence: Stress et Société
Par Jean-Louis le mois de février 2008, - Stress et travail - Lien permanent
On a un pays dont les valeurs profondément humanistes ne s’accordent plus avec la pratique. Cette distorsion est là l’origine d’une atteinte sans précédent du moral de nos concitoyens. On commence juste à en percevoir les effets dramatiques à travers les suicides liés à l’excès de stress au travail. Il y a donc urgence à en prendre conscience et à réagir ! Le Docteur Philippe RODET Animateur et fondateur de l'élan nouveau des citoyens qui a publié l'an dernier livre un cri d'alarme sur ce très grave phénomène qui altère les fondements même de notre société. Le stress: nouvelles voies
De plus en plus souvent, on voit des
salariés se donner la mort en raison d’un niveau de stress trop important. Il y
a urgence à réagir !
Le stress, tel un venin, diffuse dans notre société et détruit ses fonctions
vitales. Il altère la santé de nos concitoyens, favorisant l’émergence de
certaines maladies et aggravant l’évolution d’autres car, ne nous y
trompons pas, les cas de suicide qui nous interpellent tous ne sont que la
partie visible du désastre. Il contribue à la destruction de familles, il
conduit à l’échec un nombre considérable de jeunes
parfaitement intelligents.
Le mal-être, dans notre société, paralyse l’envie d’agir et de consommer, il effondre le moral des ménages. De manière peut être plus sournoise encore, il empêche nombre d’entre nous d’accéder à l’optimisme et nous plonge dans un pessimisme ambiant qui ne se nourrit plus que des malheurs inhérents aux dysfonctionnements de notre société. Le Canada, depuis de nombreuses années, agit avec intelligence pour diminuer le niveau de stress de sa population. Il a mis en place une véritable stratégie qui passe par un ensemble de mesures concrètes visant aussi bien à diminuer le nombre de sources de stress qu’à aider tout un chacun à redonner du sens à son travail et à sa vie.
Faisons de même en France. Car on peut agir !
En raison de ses valeurs et de son sol
fertile à l’humanisme, notre pays peut contribuer à bâtir un projet de société
alliant performance économique et bien-être.Tous ceux qui ont à motiver des
équipes savent la puissance des leviers humains auxquels il est possible de
faire appel. Le management, beaucoup trop défaillant dans notre culture, est
essentiel, que ce soit à l'échelle du pays ou de l'entreprise, il doit devenir
une priorité.
Déjà, des dirigeants d’entreprise s’allient pour tenter de faire face à l’urgence et d’apporter des réponses. Ce que sont capables de réussir certaines entreprises, pourquoi d’autres ne le pourraient-elles pas, pourquoi l’Etat ne le pourrait-il pas ?
L’engagement est aussi un moteur considérable car, là encore, il s’appuie sur ce que l’Homme a de plus profond en lui, le sens du bien commun, et constitue un merveilleux outil de motivation. Trop peu ont perçu l’intérêt de ce levier et le mettent en pratique. Il y a urgence à agir !
On a
un pays dont les valeurs profondément humanistes doivent s’accorder avec la
réalité et la pratique. De cette parfaite adéquation, jaillira le bien-être de
nos concitoyens et permettra à un nombre croissant d’entre eux de retrouver le
véritable sens du mot.
Dr Philippe RODET
Commentaires
Bonjour,
"Le suicide est du à un excès de stress au travail", c'est une affirmation très discutable.
Il y a du stress au travail, mais il n'en faut pas trop, ce serait l'idée. Donc, le stress en soi ne pousse pas au suicide, mais trop de stress oui ?
Il y aurait trop de quelque chose et cela pousserait au suicide ?
Et l'on appelle cela le stress?
Au juste, qu'est-ce qui pousse au suicide ?
Le stress, l'excès de stress ou le trop? Et un trop de quoi ?
A vous lire....
Dire que le suicide serait lié à un excès de stress au travail serait effectivement réducteur. Le suicide au travail est l’une des causes des suicides, mais force est de constater qu'il y a depuis peu, une forte augmentation des suicides pour raisons (peut-être) professionnelles.
http://www.le-stress-nouvelles-voie...
Que le « trop de stress » conduise à des dérèglements physiologiques ou psychiques n'est plus un scoop en soi. Nombre de travaux ont été publiés à ce sujet et les 3 phases (Alarme, résistance et épuisement) sont maintenant identifiées. Alors quelles sont les raisons de l’augmentation du stress dans l’environnement professionnel (Privé et Public) ? D'abord l'augmentation des niveaux d'exigences hiérarchiques, managériaux et transversaux. Toute les composantes des organisations augmentent leurs niveaux d'exigences (Actionnariat, Dirigeants, collègues, collaborateurs, clients et bien sur les marchés eux même.) Cela s'appelle la croissance. Un "arbre peut-il grimper jusqu'au ciel quand bien même on cesserait de l'irriguer ?" Le paradoxe est que dans le même temps ou ce niveau d'exigence augmente, les moyens financiers, matériels, temporels et humains diminuent " C'est l'ère du « faites en plus avec moins" Cette approche n'est pas nouvelle mais elle est aujourd'hui amplifiée. Voilà en partie pour le trop. Maintenant le pas assez. Dans les organisations qu'est ce qui manque ? Avant tout du sens. Pour qui je travaille ? Quel est mon but ? Mon projet professionnel, pire le projet de mon organisation est-il clairement identifié ? L’être Humain ne peut vivre sans boussole, sans projet et le travail, qui tout en étant toujours une nécessité, perd peu à peu de son sens, car les relations professionnelles perdent elles aussi souvent de leur sens. La convivialité qui souvent servait de liant aux individus entre eux dans les entreprises s’est progressivement désagrégée ces 10 ou 15 dernières années. Les changements nécessaires à tous progrès ne sont pas toujours conduits avec la pédagogie nécessaire et s'enchaînent souvent les uns derrière les autres, sans que les progrès du précédent changement n’aient été actés et reconnus. Ajoutons à cela la multiplication des clivages (Jeunes Seniors) (Homme femme). La parité professionnelle a encore un sacré boulot pour ne plus être qu'un mot. Ajoutons y la culture des paradoxes ; Des dirigeant en échecs qui quittent leur entreprise avec des « Golden parachutes » qui sont perçus par les salariés comme des primes versées à l’expression de l’incompétence. Des profits boursiers exceptionnels qui coïncident avec des rémunérations gelées. Voilà quelques uns des « trop » et des « pas assez » qui progressivement amènent certains individus à ne plus comprendre les raisons de leur investissement ou engagement professionnel. Leur action au quotidien n'est plus sponsorisée. Les plus exigeant envers eux même n'arrivent sûrement pas à relativiser les situations qu'ils vivent et se retrouvent ainsi touchés par un stress grandissant, euthanasiant, démotivant le sens même de leur existence et qui dans certaines circonstances cumulatives peuvent les amener à l’extrême : le suicide.
le stress....va-t-il devenir le gros mot du siècle? Il est évident que dans les causes de suicide au travail, la composante "Stress" est non négligeable. L'action, doit pour être efficace, être posée sur les racines profondes du mal : quelle est la part liée à l'estime de soi de l'individu ? ....
L'individu a plusieurs voies de construction pour 'l'estime de soi".Je n'aborderais pas la sphère privée et je resterais dans la sphère professionnelle. Qu'est ce qui peut contribuer à l'estime de soi dans l'univers professionnel ? L'estime de soi vient des capacités du management à satisfaire trois besoins : le besoin de sens d’abord, comprendre ce qu’on a à faire et pourquoi on le fait ; le besoin de sentir que notre opinion peut changer quelque chose et enfin le besoin de reconnaissance et de valorisation. L'individu ayant une tendance naturelle à rechercher le cadre de vie (Pro, Perso, Privé) dans lequel il pourra le plus satisfaire ses besoins essentiels (Maslow) Il développera l'estime de soi dans le cadre qui lui est le plus favorable.
Je pense que la sphère professionnelle n'est pas dissociée de la sphère privée ou personnelle, et que même si l'individu se doit de canaliser la relation affective avec ses collègues ou collaborateurs, les messages reçus dans sa vie professionnelle impactent les comportements au quotidien.
Dans une quête vitale de reconnaissance, ce qui caractérise la différence avec la hiérarchisation des besoins de Maslow, l'individu va chercher tous les moyens de l'obtenir, soit par une voie positive soit par une voie négative, ne supportant pas l'indifférence. L' impact des messages reçus en tant qu' enfant va générer des points forts, des domaines de plaisir ou des complexes, phobies et domaines dévalorisés, créant chez chacun d'entre nous un différentiel, soit bénéficiaire, soit nul, soit déficitaire. Or nous ne faisons appel à cette réserve (d'estime de soi stable) qu'en cas de difficultés fortes, de coups durs et à contrario nous utilisons une réserve plus fluctuante au quotidien (estime de soi instable) selon les messages reçus.
Si on part de l'hypothèse qu'un collaborateur reçoit régulièrement un équilibre entre messages positifs ( sens de l'action, vision, projet, valorisation ) et messages négatifs (exigences, axes de progrès), la dynamique d'énergie qui en résulte entretient la mécanique de motivation et la remise en question. Si les M- sont plus nombreux que les M+, l'individu puise dans sa réserve d'énergie (estime de soi instable) jusqu'à se mettre en danger et atteindre un seuil d'alerte. Il se repose alors sur sa seconde réserve (estime de soi stable) qui si elle est bénéficiaire lui permet de rebondir et de trouver une source positive de messages ailleurs (parfois dans sa perception uniquement), ou si elle est déficitaire ne lui apporte pas les ressources pour rebondir et peut le conduire à un scénario de fuite de la réalité, souvent dramatique (pathologique ou virtuelle).
je pense donc que l'estime de soi est un élément essentiel dans la sphère professionnelle, où le management du chef peut être plus générateur de mise en exigence que de valorisation.
Je travaille sur un projet pour le bac, qui est le stress dans les entreprises.
Pouvez vous m'aidez a trouver une problématique sur laquelle je pourrais travailler en rapport avec le stress dans les entreprises.
En vous remerciant.
Une élève
Bonjour,
Il y a une multitude de sites et d'ouvrages qui traitent du sujet. Parmi les sites, je vous conseille http://www.stress-info.org et http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01....
En livre, il y en a deux que je peux vous recommander : "Stress et burnout au travail" de Elisabeth Grebot et "Le stress nouvelles voies" de Philippe Rodet
Vaste sujet, bon courage
Cordialement
Jean-Louis RENAULT