Non ! et pour une raison simple, parce que le regard que salariés et employeurs se portent mutuellement a changé. 

D’un côté, nous avons des employeurs, qui, confrontés à l’intensification de la croissance, à ce que l’on appelle la loi du marché ont accrus leur niveau d’exigence, des actionnaires qui augmentent aussi leurs exigences pour accroitre la valeur de leur action et des consommateurs qui eux aussi deviennent de plus en plus exigeant. « Je paye, la vie est chère, j’en veux pour mon argent ! ».De l’autre côté, nous avons des salariés qui, quel que soit leur age, voient sans toujours en prendre conscience que la société change. Modifications des lois sociales, du temps de travail (Il y a 10 ans le sigle RTT n’existait pas !) Des salariés qui n’ont plus, comme c’était le cas dans le passé que le travail comme seul objectif. Qui privilégient le fait de réussir leur vie, plutôt que réussir dans la vie. Qui sont, eux aussi, devenus plus exigeant, plus individualistes aussi. Qui raisonnent parfois plus perso que collectif. Qui privilégient plus une action court terme qu’une vision long terme.Le sentiment d’appartenance à l’entreprise est moins vivace. Il y a 10 ans quand vous interrogiez un ingénieur informatique d’IBM sur son métier, il vous répondait « Je travaille chez IBM », aujourd’hui, il répondrait « Je travaille dans l’informatique ». La culture entreprise est passée en arrière plan. L’individualisme devient plus fort dans les comportements que le partage. L’entreprise est devenu un lieu de travail ou la convivialité s’est progressivement désagrégée au profit de l’égocentrisme. « Je fais mon boulot pendant le temps ou je suis là, demain on verra. On est entré dans le temps du CARPE DIEM ou « Vit pour l’instant «. Certains salariés sont aujourd’hui persuadés que leur présence sur leur lieu de travail suffit à elle seule à justifier le salaire qu’ils vont percevoir, négligeant ainsi la notion de nécessaire performance, ne serait-ce que pour assurer la croissance.Il est courant aujourd’hui dans des recrutements, d’entendre des candidats afficher clairement leur intention de ne passer dans l’ entreprise que pour une période déterminée 4, 5 ans, parfois moins.

L’une des raisons nécessaires à la mise en place dans les organisations d’un management factuel, garant de progrès et de reconnaissance est entre autre due à la dévalorisation du mot travail. Ce n’est pas un point de vue, c’est un constat.La frustration majeure tient à une perte de sens, de lien avec ce que l’on fait et l’objectif à atteindre. Les valeurs qui ont été celles de nos aïeux pendant des siècles se sont désagrégées au fil du siècle dernier au contact de la modernité entre autre. L’ère du « Je d’abord » a fait son apparition et se développe à la vitesse d’un cheval au galop. Nous sommes rentrés de plein pied dans l’ère du jetable. Briquets, stylos et mouchoirs jetables, téléphone jetable, conjoints jetables, emplois jetables, politiciens jetables. Les visions d’avenir manquent et l’entreprise peut devenir un monde sans repères que l’on ne comprend plus. Or un être humain ne peut vivre dans l’incohérence. Alors il s’éloigne et son sentiment d’appartenance s’affaiblit.

La deuxième raison est plus générationnelle.L’autorité qui était jusque dans les années 60 le socle de l’éducation, de l’enseignement, de la loi et du management s’est progressivement désagrégée à l’approche du 21ème siècle.On est progressivement passé d’un tout autorité à un tout pédagogique. Hors l’être humain ne vit pas seul. Le système social qui est le notre implique des différences de positionnement qu’il convient de remettre en place de façon à passer à un équilibre entre autorité et pédagogie : reconnaissance et exigence.

Comment améliore t-on un système de management?

En donnant du sens aux mots, du sens aux relations, du sens à l’action quotidienne, et donc du sens au management.Pourquoi donner du sens aux mots ? Tout simplement pour éviter que les MOTS ne se transforment par mauvaise compréhension en MAUX.Les relations quotidiennes managers collaborateurs ou même salariés entre eux sont elles toujours des lacs d’harmonie ou chacun reçoit de l’autre ce qu’il en attend ?

Suffit-il de demander une seule fois pour obtenir ce que l’on attend, que l’on souhaite ?
Suffit-il de demander une seule et une unique fois pour voir une règle respectée ?
Suffit-il d’annoncer un objectif à réaliser pour qu’ils se réalisent sans aucune intervention ?

Si tel était cas, à quoi serviraient les managers ?

Chacun des acteurs sait-il toujours très précisément ce que l’on attend de lui. Tant en termes de missions que de comportements ? Non, manager, c'est donc bien donner du sens à l'action, du sens aux mots, du sens aux comportements, du sens aux relations. Manager c'est contribuer à améliorer tous les résultats de l’entreprise en s'appuyant sur des valeurs partageables et une éthique sociétale. Manager ce n'est pas attendre de celui ou ceux que l'on managent qu'ils changent, mais c'est accepter d'entreprendre soi même cette démarche de changement. C'est en acceptant de modifier sa relation à l'autre en intégrant, écoute, bienveillance, respect, reconnaissance et exigence que l'on génère du sens à l'action et que l'on construit du progrès. L’être humain étant un pur produit d’émotions et d’affect, s’il suffisait d’adopter une attitude sans rien changer à ses comportements pour améliorer sa relation avec les autres, alors l’inventeur de cette attitude deviendrait immensément riche très vite. Il pourrait vendre sa méthode aux parents, aux politiques, aux responsables religieux, militaire, sectes et bien sur aux dirigeants d’entreprises et aux managers.L’on ne peut pas changer l’autre contre son gré. La meilleure manière de l’amener à modifier son comportement c’est en changeant soi même ses modes de communications et ses propres comportements, alors par induction l’autre modifiera sa relation à nous.Pour accroître ses compétences relationnelles et améliorer son management, il convient de comprendre comment fonctionne l’être humain, donc, apprendre à mieux se connaître. Ce n’est qu’en apprenant à mieux se connaître que l’on apprend à mieux comprendre l’autre et à mieux le manager. Si l’on n’entreprend pas de démarche personnelle de progrès alors ceux avec lesquels nous travaillons où même nous vivons n’ont strictement aucune raison de changer.

Il est fini le temps où il suffisait d’exiger pour obtenir et où l’on manageait par la contrainte.  On ne fait pas adhérer à un projet sous la contrainte.  On ne peut pas contraindre à être créatif. On ne peut pa contraindre à être implique et concentré.Pour améliorer ses compétences relationnelles et améliorer son management, il faut modifier ses attitudes et ses comportements. Apprendre à équilibrer exigence et reconnaissance. Etablir des règles et les faire respecter. Faire adhérer plutôt que d’imposer. Piloter aux instruments et non à vue. Déléguer, organiser, gérer son temps. Contrôler ; coordonner, analyser, accompagner, motiver, former et j’en passe.Voilà pourquoi le manager doit apprendre à passer du verbe avoir au verbe être.