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  <title>Le blog du management - Actualités</title>
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  <description>Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le management sans jamais oser le demander !</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 15 Nov 2008 22:39:02 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Quand le marketing se fait social</title>
    <link>http://www.jeanlouisrenault.com/post/2007/11/03/Quand-le-marketing-se-fait-social</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:91caead0dac29b88a023bbc271046b71</guid>
    <pubDate>Sat, 03 Nov 2007 10:04:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Louis</dc:creator>
        <category>Actualités</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article très intéressant de Isabelle BUOT-BOUTTIER paru sur
Agoravox.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31062&amp;amp;id_forum=1538918&amp;amp;var_mode=recalcul#commentaire1538918&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;sommairearticleunetitre&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;Quand le marketing
se fait social&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;Si
selon l’Université européenne du travail, la satisfaction des Français au
travail se situe dans la moyenne européenne, il en est tout autrement du regard
des travailleurs à l’égard des dirigeants. Les salariés-collaborateurs
s’inscrivent dans une grande défiance vis-à-vis des supérieurs avec lesquels
les occasions de dialogue direct sont par ailleurs beaucoup plus faibles que
dans les pays scandinaves. &amp;quot;Chez nous, la distance hiérarchique reste encore
très forte&amp;quot; affirme Claude Emmanuel Triomphe, délégué général de l’Université
européenne du travail.* Un contexte face auquel l’organisation de demain devra
déployer de véritables stratégies. La pénurie de certains profils, le papy-boom
à venir et le coût déjà très lourd de l’absentéisme et du turn-over, autant
d’éléments que les services de ressources humaines commencent à prendre très au
sérieux. L’organisation prend conscience de l’importance de son image-recruteur
et se tourne vers les outils du marketing pour construire et vendre sa
politique de responsabilité sociale. Petit tour d’horizon du marketing de
l’innovation sociale.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;&amp;quot;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;Les
recettes du marketing de la demande ne fonctionnant plus, il est temps
d’instaurer un réel dialogue d’égal à égal avec les
consommateurs.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 153);&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;François Laurent, professionnel du
marketing et auteur du blog&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 153);&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://marketingisdead.blogspirit.com/&quot;&gt;M&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://marketingisdead.blogspirit.com/&quot;&gt;arketing is
dead&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;, tire la sonnette d’alarme, le
consommateur a cessé d’être dupe ! Or l’histoire de la consommation étant
étroitement liée à celle du travail, si le consommateur ne croit plus aux
promesses des marques, le salarié ne semble guère plus optimiste quant à celles
du dirigeant. Un défi de taille s’annonce donc pour les marketers et les D.R.H.
du XXIe siècle ! Les serments ne suffisent plus, la ménagère et l’employé,
porteurs des douleurs de leur histoire sont respectivement devenus
consom’acteur et collaborateur et la diversité sémantique se propage dans les
services des organisations.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;L’entreprise ne peut plus se contenter de
&amp;quot;séduire&amp;quot; le client, elle doit à présent faire les yeux doux au salarié. On
parle ainsi de plus en plus de &amp;quot;salariés-clients&amp;quot;, une dualité homogène qui se
ressource dans chacune de ses composantes. Le client se soucie de plus en plus
de l’éthique de l’entreprise et de sa responsabilité sociale tant au niveau
interne qu’externe. Une organisation au sein de laquelle les salariés se
suicident tout comme celles qui ne participent pas au développement durable ou
font travailler des enfants à l’autre bout du monde n’ont pas bonne presse. La
mauvaise image de l’entreprise freine le client dans ses achats et ne donne pas
envie au collaborateur d’associer son image personnelle à celle d’une telle
organisation. Le salarié a donc des attentes assez proches de celles du client
puisqu’il recherche avant tout une entreprise où &amp;quot;il fait bon vivre&amp;quot; et ce,
bien avant la nature du salaire proposé. L’organisation pérenne se doit donc de
mettre en place une stratégie d’innovation sociale, c’est ce qu’elle attend du
marketing social.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;De manière globale, il s’agit d’utiliser
les outils du marketing, soit de définir les besoins, les attentes, les freins
et les motivations de la cible concernée par l’étude afin de délimiter les
contours d’une problématique et/ou d’une stratégie. La communication sera
ensuite adaptée à cette stratégie. En termes sociaux, le marketing est
globalement utilisé dans deux secteurs d’intervention, le secteur associatif et
humanitaire d’une part et les services de ressources humaines des
organisations, d’autre part. On parle alors de marketing R.H. La pénurie de
certains profils sur le marché, la mise en concurrence accrue de ces profils,
l’absentéisme, le &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;turn-over&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;
et la gestion du stress sont les principales composantes du &amp;quot;package social&amp;quot;
qui intéresse le marketing des ressources humaines.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Selon la ou les problématiques que
rencontre l’organisation, il s’agira donc de définir les besoins, les attentes
et les difficultés (freins) des salariés internes et/ou des collaborateurs
potentiels de l’entreprise. Les outils de l’audit social seront ceux des études
marketing : baromètre, enquête de satisfaction, enquêtes quantitatives et
qualitatives. L’analyse de cette phase d’étude permettra ensuite aux ressources
humaines d’élaborer, en lien avec les services de direction, de marketing et de
communication, une stratégie de &amp;quot;marque employeur&amp;quot;, véritable signature de
différenciation de l’organisation sur son environnement métier. Si des outils
tels que la création d’une crèche interne ou des avantages sociaux particuliers
pourront, à la lumière de cette étude, être mis en place, la démarche du
marketing social reste toutefois beaucoup plus globale. Les outils de
différenciation ne représentent qu’une partie d’une politique de culture
d’entreprise qui ne peut se résumer à quelques avantages &amp;quot;gadgets&amp;quot;. Enfin, le
consommateur et le salarié ne se laissant plus bercer par la démagogie des
décennies passées, la stratégie et la communication de cette politique
d’identité, véritable état d’esprit de l’entreprise, devront reposer sur une
réalité de pratiques sous peine de perdre très rapidement toute
crédibilité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Dans un fort contexte de mondialisation,
l’organisation, prise dans les tourments de la concurrence et du court terme, a
fini par perdre de vue la notion de lien social, terreau indispensable pour
cimenter tout collectif. Or, la performance économique de demain, essence même
de l’entreprise, ne pourra, au regard du contexte dans lequel elle évolue ainsi
que des nouvelles attentes de l’individu face au marché du travail, faire
l’économie d’une ré-humanisation de la relation. L’organisation compétitive et
innovante devra être à l’écoute de ses clients mais aussi de ses collaborateurs
puis devra décliner son identité, nourrie de ses valeurs. Face à l’élaboration
de cette politique d’image et de culture d’entreprise, la sociologie, la
psychologie du travail, le &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;team-building&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; mais aussi le marketing social
semblent être des approches complémentaires et salvatrices pour l’organisation
de demain.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Isabelle Buot-Bouttier&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Le Monde&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;, Dossier &amp;amp; Documents, septembre
2007&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 153);&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;François
Laurent, Fondateur de ConsumerInsight, coprésident de l’ADETEM,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Marketing
Magazine&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;, n° 116, octobre
2007.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31062&amp;amp;id_forum=1538918&amp;amp;var_mode=recalcul#commentaire1538918&quot;&gt;http://www.agoravox.fr/article.php3?id
article=31062&amp;amp;id_forum=1538918&amp;amp;var_mode=recalcul#commentaire1538918&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Les TPE en mal d'amour</title>
    <link>http://www.jeanlouisrenault.com/post/2007/10/11/Les-TPE-en-mal-damour2</link>
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    <pubDate>Thu, 11 Oct 2007 19:02:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Louis</dc:creator>
        <category>Actualités</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Lu dans l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Le réseau Tous pour l’emploi lance l’Observatoire CSA-Tous de l’emploi
et de la conjoncture dans les TPE. Le premier opus de ce nouveau baromètre
vient d’être publié. Il souligne les difficultés des très petites entreprises
pour recruter et veut sensibiliser les pouvoirs publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;    &lt;p&gt;Les très petites entreprises (TPE) créent des emplois mais peinent à
recruter. Selon la première enquête publiée par l’Observatoire CSA -Tous pour
l’emploi, une très petite entreprise sur dix serait à la recherche de nouvelles
recrues. Avec près de deux postes à pourvoir en moyenne, elles ne
parviendraient pas à étoffer leur effectif. Ce constat n’est pas pour autant
alarmant. Philippe Cheval, membre du comité de pilotage du &lt;a href=&quot;http://www.touspourlemploi.com/index.php?page=orga&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;réseau
Tous pour l’emploi&lt;/a&gt; souligne d’ailleurs que « si seule une TPE sur dix a du
mal à recruter, c’est que les neuf autres y parviennent ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’enquête, qui se veut une photographie de la situation actuelle met
néanmoins l’accent sur un problème bien réel : le fossé entre les exigences des
entreprises de petite taille et les demandeurs d’emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Mauvaise image&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pénurie de main d’œuvre qualifiée (67%) et l’incompatibilité du candidat
avec le poste (51%) sont les deux raisons les plus fréquemment invoquées par
les patrons de TPE interrogés, qui ne parviennent pas à recruter. « Ces
résultats sont logiques. Dans certains secteurs la main d’œuvre est difficile à
trouver et cela concerne aussi bien les métiers qui demandent un personnel très
qualifié –boucher, maçon- que des métiers sous qualifiés comme les techniciens
de surface », précise Philippe Cheval.&lt;br /&gt;
Il estime que cette pénurie s’explique par la mauvaise image dont souffrent à
tort ces métiers. « Les jeunes pensent qu’il s’agit de métiers durs et mal
payés et préfèrent ne pas s’engager dans la filière ».&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La faute aux patrons ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les TPE soutiennent également assez mal la comparaison avec les entreprises
plus grandes. Celles-ci sont associées dans l’esprit des candidats à l’embauche
à des avantages tels que les congés ou les tickets restaurant et à une certaine
sécurité de l’emploi. « En caricaturant, les jeunes espèrent intégrer une
grande entreprise comme autrefois on rêvait d’entrer dans la Fonction Publique
», déplore Philippe Cheval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les entreprises de taille humaine ne méritent pas cette mauvaise image,
leurs dirigeants en sont pourtant un peu responsables. Les patrons des TPE sont
souvent de très mauvais « communiquants ». Ils ne savent pas mettre leur
entreprise en valeur, au point de ne pas encourager leurs propres enfants à
prendre leur succession.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Des pistes de réflexion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour améliorer la situation, Philippe Cheval souhaite que l’on mette un peu
« d’huile dans les rouages ». La mise en place de l’Observatoire de l’emploi et
de la conjoncture dans les TPE dont la deuxième enquête sera publiée au premier
semestre 2008 devraient aider le réseau à sensibiliser les pouvoirs publics sur
les problèmes des petites entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l’enquête fait le point sur l’opinion des chefs d’entreprise à l’égard
des dernières mesures législatives – baisse des charges sociales, chèque emploi
service universel – elle donne également des pistes de réflexion pour soutenir
la croissance, sorte d’appel du pied au législateur.&lt;br /&gt;
Mais pas seulement : « Nous n’attendons pas forcément de texte législatif.
Plusieurs choses pourraient être faites avec un peu de bonne volonté, juste en
faisant connaître à Lille ce qu’il se passe à Marseille et s’il y a des
personnes disponibles là-bas ».&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lentreprise.com/3/1/1/article/14022.html&quot;&gt;http://www.lentreprise.com/3/1/1/article/14022.html&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La lettre imaginaire d'un Président imaginaire à ses collaborateurs</title>
    <link>http://www.jeanlouisrenault.com/post/2007/09/07/La-lettre-imaginaire-dun-President-imaginaire-a-ses-collaborateurs</link>
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    <pubDate>Fri, 07 Sep 2007 16:20:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Louis</dc:creator>
        <category>Actualités</category>
            
    <description>A la lecture de la lettre du président de la république aux enseignants, l'on
pourrait penser qu'il y a là une vision utopique. Dans le plagiat qui suit
(Pardon Monsieur Le Président,j'espère ne pas avoir trahi le fond de votre
pensée) je vous livre ce que pourrait être sur le même modèle la lettre d'un
dirigeant à son encadrement. Encore plus utopique diront certains. Mais n'est
ce pas derrière toutes les grandes utopies que se cachent tous les progrès de
nos sociétés depuis la nuit des temps? N'est ce pas derrière les utopies que se
cachent les grandes découvertes scientifiques, géographiques, artistiques,
culturelles, économiques, spirituelles et philosophiques. le siècle des lumière
n'était-il pas utopique ? Le syndicalisme au 19ème siècle n'était il pas
utopique? Vouloir remporter des grandes épreuves sportives, n'est ce pas
utopique? Le socialisme à sa génèse n'était-il pas utopique comme l'était le
fait d'avoir envie de marcher sur la lune ? N'est il pas utopique de penser que
demain pourrait être différent d'aujourd'hui ? Meilleur qu'aujourd'hui ? Alors
si l'utopie c'est de croire que ce qui est impensable est réalisable, vive
l'utopie !    &lt;p&gt;Chères collaboratrices, Chers collaborateurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite vous parler de l'avenir de nos &lt;em style=&quot;&quot;&gt;salariés&lt;/em&gt;. Cet
avenir, il est entre les mains de chacun d'entre vous qui avez en charge de
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;former, de guider, d’accompagner&lt;/em&gt; ces esprits et ces
sensibilités qui peuvent encore se développer, qui se cherchent, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;qui veulent donner du sens à leur quotidien&lt;/em&gt;, qui n'ont pas atteint leur
pleine maturité, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;car nous le savons&lt;/em&gt; &lt;em style=&quot;&quot;&gt;l’Homme est
toute sa vie en apprentissage&lt;/em&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez la responsabilité d'accompagner l'épanouissement de leurs
aptitudes intellectuelles, de leur sens moral, tout au long de &lt;em style=&quot;&quot;&gt;leur parcours dans votre équipe&lt;/em&gt;. Cette responsabilité est l'une des
plus lourdes mais aussi des plus belles et des plus gratifiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aider l'intelligence, la sensibilité à s'épanouir, à trouver leur chemin,
quoi de plus grand et de plus beau en effet ? Mais quoi de plus difficile aussi
? Car à côté de la fierté de voir &lt;em style=&quot;&quot;&gt;le collaborateur&lt;/em&gt; grandir,
son caractère et son jugement s'affirmer, à côté du bonheur de transmettre ce
que chacun a le sentiment d'avoir de plus précieux en lui, il y a toujours
cette crainte de se tromper, de brider un talent, de freiner un élan, d'être
trop indulgent ou trop sévère, de ne pas comprendre ce que &lt;em style=&quot;&quot;&gt;l’Homme&lt;/em&gt; porte au plus profond de lui-même, ce qu'il éprouve, ce qu'il
est capable d'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em style=&quot;&quot;&gt;Manager&lt;/em&gt; c'est chercher à concilier deux mouvements
contraires : celui qui porte à accompagner chaque &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateur&lt;/em&gt; à &lt;em style=&quot;&quot;&gt;être reconnu dans sa personne, son
identité, ses forces et ses faiblesses&lt;/em&gt; et celui qui pousse &lt;em style=&quot;&quot;&gt;à
exiger de la part de ce collaborateur qu’il produise de la performance, savant
mélange de compétences et de motivation&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une exigence s'impose &lt;em style=&quot;&quot;&gt;au manager&lt;/em&gt; face au &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateur&lt;/em&gt; qui grandit, celle de ne pas étouffer sa personnalité
sans renoncer à &lt;em style=&quot;&quot;&gt;l’accompagner&lt;/em&gt;. Chaque &lt;em style=&quot;&quot;&gt;être
Humain&lt;/em&gt; a sa manière à lui d'être, de penser, de sentir. Il doit pouvoir
l'exprimer. Mais il doit aussi apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em style=&quot;&quot;&gt;Trop souvent encore, le management néglige la personnalité du
collaborateur&lt;/em&gt;. &lt;em style=&quot;&quot;&gt;L’hyper exigence&lt;/em&gt; est placée au-dessus de
tout. &lt;em style=&quot;&quot;&gt;L’épanouissement personnel de chaque collaborateur,
condition impérative pour sa nécessaire implication dans son entreprise est
souvent reléguée au 2&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; rang derrière la somme des exigences :
actionnaires, dirigeant,&lt;span style=&quot;&quot;&gt; &lt;/span&gt; clients, marchés
boursiers…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de &lt;em style=&quot;&quot;&gt;salariés&lt;/em&gt; en &lt;em style=&quot;&quot;&gt;souffrent&lt;/em&gt;. Ce
n'était pas parce qu'ils manquent de talent, ni parce qu'ils &lt;em style=&quot;&quot;&gt;sont&lt;/em&gt; incapables d'apprendre et de comprendre mais parce que leur
sensibilité, leur intelligence, leur caractère se &lt;em style=&quot;&quot;&gt;trouvent&lt;/em&gt;
mal à l'aise dans le cadre unique que l'on &lt;em style=&quot;&quot;&gt;voudrait&lt;/em&gt; imposer à
tous. &lt;em style=&quot;&quot;&gt;La rentabilité.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une sorte de réaction, depuis quelques décennies, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;nous
assistons progressivement à une désimplication et à un désengagement des
salariés, cadres compris.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jadis il y avait sans doute dans le &lt;em style=&quot;&quot;&gt;management&lt;/em&gt; trop de
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;relationnel&lt;/em&gt; et pas assez &lt;em style=&quot;&quot;&gt;d’exigences&lt;/em&gt;.
Désormais il y a peut-être trop &lt;em style=&quot;&quot;&gt;d’exigences&lt;/em&gt; et plus assez de
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;relationnel&lt;/em&gt;. Jadis &lt;em style=&quot;&quot;&gt;l’éducation de nos
anciens&lt;/em&gt; valorisait trop la transmission du savoir et des valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Désormais, au contraire, on ne la valorise plus assez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorité des &lt;em style=&quot;&quot;&gt;managers&lt;/em&gt; s'en est trouvée ébranlée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle des institutions et des &lt;em style=&quot;&quot;&gt;organisations
professionnelles&lt;/em&gt; aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture commune qui se transmettait de génération en génération tout en
s'enrichissant de l'apport de chacune d'entre elles s'est effritée au point
qu'il est plus difficile de se parler et de se comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em style=&quot;&quot;&gt;Le désengagement des salariés&lt;/em&gt; a atteint des niveaux qui ne
sont pas acceptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inégalité devant le savoir et devant la culture s'est accrue, alors même
que la société de la connaissance imposait partout dans le monde sa logique,
ses critères, ses exigences. Les chances de promotion sociale se sont réduites.
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;On parle souvent de panne de l’ascenseur social.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait vain pourtant de chercher à ressusciter un âge d'or &lt;em style=&quot;&quot;&gt;du management&lt;/em&gt;, de la culture, du savoir qui n'a jamais existé. Chaque
époque suscite des attentes qui lui sont propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em style=&quot;&quot;&gt;Nous ne referons pas l’entreprise des 30 glorieuses
(1945(1975)&lt;/em&gt;, Ce qui nous incombe c'est de relever le défi de l'économie de
la connaissance et de la révolution de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous devons faire c'est poser les principes &lt;em style=&quot;&quot;&gt;du
management&lt;/em&gt; du XXI ème siècle qui ne peuvent pas se satisfaire des
principes d'hier et pas d'avantage de ceux d'avant-hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que voulons-nous que deviennent &lt;em style=&quot;&quot;&gt;nos collaborateurs&lt;/em&gt; ? Des
femmes et des hommes libres, curieux de ce qui est beau et de ce qui est grand,
ayant du coeur et de l'esprit, capables d'aimer, de penser par eux-mêmes,
d'aller vers les autres, de s'ouvrir à eux, capables aussi d'acquérir un métier
et de vivre de leur travail &lt;em style=&quot;&quot;&gt;et de faire progresser leur
entreprise&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre rôle n'est pas d'aider nos &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateurs&lt;/em&gt; à rester
des &lt;em style=&quot;&quot;&gt;exécutants&lt;/em&gt;, ni même à devenir de &lt;em style=&quot;&quot;&gt;supers
collaborateurs&lt;/em&gt;, mais de les aider à devenir &lt;em style=&quot;&quot;&gt;ce qu’ils
sont&lt;/em&gt;, à devenir des citoyens de &lt;em style=&quot;&quot;&gt;l’entreprise&lt;/em&gt;. Nous
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;devons tous être des référents&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em style=&quot;&quot;&gt;Manager&lt;/em&gt; c'est difficile. Souvent il faut recommencer pour
parvenir au but. Il ne faut jamais se décourager. Ne jamais craindre
d'insister. Il y a chez chaque &lt;em style=&quot;&quot;&gt;Humain&lt;/em&gt; un potentiel qui ne
demande qu'à être exploité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &lt;em style=&quot;&quot;&gt;être humain&lt;/em&gt; a une forme d'intelligence qui ne
demande qu'à être développée. Il faut les chercher. Il faut les comprendre.
Tout autant qu'une exigence vis-à-vis &lt;em style=&quot;&quot;&gt;du collaborateur&lt;/em&gt;, Le
management est une exigence &lt;em style=&quot;&quot;&gt;du manager&lt;/em&gt; vis-à-vis de
lui-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but n'est ni de se contenter d'un minimum fixé à l'avance, ni de
submerger &lt;em style=&quot;&quot;&gt;le collaborateur&lt;/em&gt; sous &lt;em style=&quot;&quot;&gt;une exigence de
plus en plus croissante.&lt;/em&gt; Le but c'est de s'efforcer de donner à chacun le
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;sens de l’action, de découvrir ce qui le pousse à venir chaque
jour et de faire de son environnement professionnel un lieu
d’épanouissement&lt;/em&gt; en poussant chez lui le plus loin possible son goût
d'apprendre, sa curiosité, son ouverture d'esprit, sons sens de l'effort.
L'estime de soi doit être le principal ressort de &lt;em style=&quot;&quot;&gt;ce
management&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner à chacun de nos &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateurs&lt;/em&gt;, à chaque &lt;em style=&quot;&quot;&gt;salarié&lt;/em&gt; &lt;em style=&quot;&quot;&gt;de notre entreprise, de notre collectivité&lt;/em&gt;,
l'estime de lui-même en lui faisant découvrir qu'il a des talents qui le
rendent capable d'accomplir ce qu'il n'aurait pas cru de lui même pouvoir
accomplir : telle est à mes yeux la philosophie qui doit sous-tendre la
refondation de notre projet managérial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons à nos &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateurs&lt;/em&gt; l&lt;em style=&quot;&quot;&gt;a même
estime&lt;/em&gt; et le même respect que nous attendons d'eux. Cette &lt;em style=&quot;&quot;&gt;estime&lt;/em&gt; et ce respect que nous leur devons exigent que nos relations
avec eux ne soient empreintes d'aucune forme de renoncement ni de démagogie.
Parce que nous aimons et respectons nos &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateurs&lt;/em&gt;,
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;le management&lt;/em&gt; que nous leur donnons doit les élever et non
les rabaisser. Parce que nous aimons et respectons nos &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateurs&lt;/em&gt; nous ne pouvons pas accepter de renoncer à les manager
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;ou à les exclure&lt;/em&gt; à la première difficulté rencontrée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous &lt;em style=&quot;&quot;&gt;estimons&lt;/em&gt; et respectons nos &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateurs&lt;/em&gt; nous avons le devoir de leur apprendre à être exigeants
vis-à-vis d'eux-mêmes. Nous avons le devoir de leur apprendre que tout ne se
vaut pas, que toute &lt;em style=&quot;&quot;&gt;organisation sociale&lt;/em&gt; repose sur une
hiérarchie des valeurs et des Hommes, que le &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateur&lt;/em&gt;
n'est pas l'égal du &lt;em style=&quot;&quot;&gt;manager&lt;/em&gt; Nous avons le devoir de leur
apprendre que nul ne peut vivre sans contrainte et qu'il ne peut y avoir de
liberté sans règle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels &lt;em style=&quot;&quot;&gt;managers&lt;/em&gt; serions-nous si nous n'apprenions pas à nos
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateurs&lt;/em&gt; à faire la différence entre ce qui est
autorisé et ce qui est interdit? Quels &lt;em style=&quot;&quot;&gt;managers&lt;/em&gt; serions-nous
si nous n'étions pas capables de sanctionner nos collaborateurs quand ils
commettent une faute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em style=&quot;&quot;&gt;On ne manage pas sans rappeler à un collaborateur que s’il a
des droits, il a aussi des devoirs. Un collaborateur n’est pas engagé par une
organisation pour travailler, mais pour produire de la compétence et des
résultats.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Récompenser le mérite, sanctionner la faute, cultiver l'admiration de ce qui
est bien, de ce qui est juste, de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce
qui est vrai, de ce qui est profond, et la détestation de ce qui est mal, de ce
qui est injuste, de ce qui est laid, de ce qui est petit, de ce qui est
mensonger, de ce qui est superficiel, de ce qui est médiocre, voilà comment
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;le manager&lt;/em&gt; rend service &lt;em style=&quot;&quot;&gt;au collaborateur&lt;/em&gt;
dont il a la charge et comment il lui exprime le mieux &lt;em style=&quot;&quot;&gt;l’estime&lt;/em&gt; et le respect qu'il lui porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect, justement, ce devrait être le fondement de tout &lt;em style=&quot;&quot;&gt;management&lt;/em&gt;. Respect &lt;em style=&quot;&quot;&gt;du manager&lt;/em&gt; vis-à-vis &lt;em style=&quot;&quot;&gt;du collaborateur&lt;/em&gt;, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;des collaborateurs entre eux&lt;/em&gt;,
respect du &lt;em style=&quot;&quot;&gt;collaborateur&lt;/em&gt; pour le &lt;em style=&quot;&quot;&gt;manager&lt;/em&gt;,
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;du fournisseur pour ses clients et des clients pour le
fournisseur&lt;/em&gt;, respect des autres et respect de soi-même, voilà ce que
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;le management en complément de&lt;/em&gt; l'éducation doit produire.
S'il n'y a plus assez de respect dans notre société c'est d'abord, j'en suis
convaincu, un problème de &lt;em style=&quot;&quot;&gt;management&lt;/em&gt;. &lt;em style=&quot;&quot;&gt;Et c’est
là ou le management peut pendant un temps se substituer à la carence éducative
qui a pu avoir lieu&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite que nous reconstruisions &lt;em style=&quot;&quot;&gt;un management&lt;/em&gt; du
respect, Je souhaite que &lt;em style=&quot;&quot;&gt;nos collaborateurs pratiquen&lt;/em&gt;t la
politesse, l'ouverture d'esprit, la tolérance, qui sont des formes du
respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em style=&quot;&quot;&gt;Je souhaite que chacun d'entre nous&lt;/em&gt; respecte le point de
vue qui n'est pas le sien, la conviction qu'il ne partage pas, la croyance qui
lui est étrangère, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;que l’on comprenne&lt;/em&gt; à quel point la
différence, la contradiction, la critique loin d'être des obstacles à sa
liberté sont au contraire des sources d'enrichissement personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre bousculé dans ses habitudes de pensée, dans ses certitudes, être obligé
d'aller vers l'autre, de s'ouvrir à ses arguments, à ses sentiments, de le
prendre au sérieux est une incitation à s'interroger sur ses propres
convictions, sur ses propres valeurs, à se remettre en cause, à faire un effort
sur soi-même, donc à se dépasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle nous devons conserver, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;et
développer notre modèle d’entreprise citoyenne&lt;/em&gt; qui brasse toutes les
origines, toutes les classes sociales, toutes les croyances, et qui s'impose de
rester neutre face aux convictions religieuses, philosophiques ou politiques de
chacun en les respectant toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'apprentissage de la différence ne doit pas conduire à négliger la
participation à une culture commune, à une identité collective, à une morale
partagée. &lt;em style=&quot;&quot;&gt;Manager&lt;/em&gt; c'est éveiller la conscience individuelle
et la hausser par paliers jusqu'à la conscience universelle, c'est faire que
chacun se sente une personne unique et en même temps partie prenante de
l’entreprise toute entière. Entre les deux il y a quelque chose d'essentiel que
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;nul management&lt;/em&gt; ne peut contourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il nous faut retrouver, c'est la cohérence du projet &lt;em style=&quot;&quot;&gt;de
l’entreprise&lt;/em&gt;. Retrouver une cohérence à l'intérieur de chaque &lt;em style=&quot;&quot;&gt;service&lt;/em&gt;, mais aussi entre les &lt;em style=&quot;&quot;&gt;services&lt;/em&gt; et avec les
attentes de la société, retrouver un fil directeur dans &lt;em style=&quot;&quot;&gt;le
management&lt;/em&gt;, lui fixer des principes, des objectifs, des critères simples.
Voilà ce que nous avons d'abord à faire. En même temps, il nous faut élever le
niveau d'exigence, non pas en quantité mais en qualité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner le maximum à chacun au lieu de se contenter de donner le minimum à
tous. Voilà comment je souhaite que nous prenions désormais le problème
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;du management de nos équipes&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette refondation de notre &lt;em style=&quot;&quot;&gt;managemen&lt;/em&gt;t, elle ne pourra être
accomplie qu'avec le concours de tous les &lt;em style=&quot;&quot;&gt;managers&lt;/em&gt;
&lt;span style=&quot;&quot;&gt; &lt;/span&gt;Ma volonté ne peut suffire à elle seule. C'est
pourquoi je m'adresse à vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne peut-être que l'oeuvre commune de tous les &lt;em style=&quot;&quot;&gt;managers&lt;/em&gt;
travaillant ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun doit passer par-dessus ses préventions ou ses a priori pour remplir
son devoir qui est &lt;em style=&quot;&quot;&gt;d’accompagner nos collaborateurs dans
l’expression de leurs compétences.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite faire de la revalorisation du métier &lt;em style=&quot;&quot;&gt;de
manager&lt;/em&gt; l'une de mes&lt;em style=&quot;&quot;&gt;priorités&lt;/em&gt; parce qu'il est le
corollaire d&lt;em style=&quot;&quot;&gt;u progrès et du développement de notre
entreprise.&lt;/em&gt; &lt;em style=&quot;&quot;&gt;Des collaborateurs impliqués et motivés seront
toujours plus productifs que des collaborateurs contraints et non
reconnus&lt;/em&gt;. Mais vous devez, vous, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;managers et à tous les
échelons&lt;/em&gt; vous montrer exemplaire. Exemplaire par votre comportement, par
votre tenue, par votre rigueur, par votre esprit de justice, par votre
implication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemplaire aussi par votre capacité à faire prévaloir &lt;em style=&quot;&quot;&gt;votre
autorité&lt;/em&gt;, par votre souci de récompenser le mérite et de sanctionner la
faute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il s'agit d'être efficace non seulement pour atteindre &lt;em style=&quot;&quot;&gt;un
objectif économique, non seulement pour que demain notre entreprise dispose
d'une main-d'oeuvre bien formée, mais aussi, et peut être surtout, pour que nos
collaborateurs soient porteurs de nos valeurs sociétales pour qu'une certaine
idée de la civilisation continue de vivre en eux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'entre vous, je le sais, mesure l'importance du défi que nous avons
à relever. Chacun d'entre vous comprend que la révolution du savoir qui
s'accomplit sous nos yeux ne nous laisse plus le temps pour repenser le sens
même du mot &lt;em style=&quot;&quot;&gt;management&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'entre vous est conscient que face à la dureté des rapports sociaux,
à l'angoisse devant un avenir de plus en plus vécu comme une menace, &lt;em style=&quot;&quot;&gt;les entreprises ont besoin d’adopter de nouveaux fonctionnements qui&lt;/em&gt;
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;n'adviendront qu’avec un management dont l’Humain est le centre.
Il va nous falloir si nous voulons conserver la liberté d’entreprendre, si nous
voulons que les salariés s’impliquent et s’engagent encore dans nos projets, si
nous voulons que se développe l’entreprise de demain, une entreprise qui tout
en garantissant pérennité, progrès, satisfaction des actionnaires, des clients,
des fournisseurs, des institutions et bien sur des salariés nous nous décidions
enfin à passer du verbe avoir au verbe Etre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À nous de reprendre le fil qui court depuis l'humanisme de la Renaissance
&lt;em style=&quot;&quot;&gt;en passant par le débuts des grandes épopées industrielles, de la
salutaire apparition des syndicats de la fin du XIX siècle jusqu’à l’émergence
des nouvelles technologies ponctués par les splendides parcours de leaders
économiques sans oublier les bienfaits du&lt;/em&gt; projet des Lumières. &lt;em style=&quot;&quot;&gt;A nous de redonner du sens à la notion de métier&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de la refondation est venu. C'est à cette refondation que je vous
invite. Nous la conduirons ensemble. Nous avons déjà trop tardé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;André COLINAS Président&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La lettre de Nicolas Sarkozy aux enseignants.</title>
    <link>http://www.jeanlouisrenault.com/post/2007/09/07/La-lettre-de-Nicolas-Sarkozy-aux-enseignants</link>
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    <pubDate>Fri, 07 Sep 2007 16:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Louis</dc:creator>
        <category>Actualités</category>
            
    <description>Pourquoi ais-je choisi de publier la lettre du Président de la république aux
enseignants. Tout simplement par ce que j’ai trouvé énormément de similitudes
dans les propos tenus avec ce que pourrait être la lettre d’un dirigeant
d’entreprise à ses cadres. Il y parlerait de valeurs, de projets, de nécessité
de pratiquer un management respectueux et exigeant. Il y a plus de similitudes
entre l’éducation et le management que l’on ne l’imagine. l’éducation transmise
et reçue, permet de mieux comprendre les comportements des salariés. Tout est
lié, et ne l’oublions pas, l’adulte d’aujourd’hui n’est rien d’autre que
l’enfant d’hier et l’enfant d’aujourd’hui n’est lui rien d’autre que l’adulte
de demain. Il sera ce que nous en ferons. C’est la raison pour laquelle, j’ai
imaginé ce que serait la lettre d’un président de société à son encadrement je
vous la livre dans le bulletin suivant.    &lt;p&gt;Madame, Monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je saisis l'occasion de cette rentrée scolaire, la première depuis que j'ai
été élu Président de la République, pour vous écrire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite vous parler de l'avenir de nos enfants. Cet avenir, il est entre
les mains de chacun d'entre vous qui avez en charge d'instruire, de guider, de
protéger ces esprits et ces sensibilités qui ne sont pas encore complètement
formés, qui n'ont pas atteint leur pleine maturité, qui se cherchent, qui sont
encore fragiles, vulnérables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez la responsabilité d'accompagner l'épanouissement de leurs
aptitudes intellectuelles, de leur sens moral, de leurs capacités physiques
depuis leur plus jeune âge et tout au long de leur adolescence. Cette
responsabilité est l'une des plus lourdes mais aussi des plus belles et des
plus gratifiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aider l'intelligence, la sensibilité à s'épanouir, à trouver leur chemin,
quoi de plus grand et de plus beau en effet ? Mais quoi de plus difficile aussi
? Car à côté de la fierté de voir l'enfant grandir, son caractère et son
jugement s'affirmer, à côté du bonheur de transmettre ce que chacun a le
sentiment d'avoir de plus précieux en lui, il y a toujours cette crainte de se
tromper, de brider un talent, de freiner un élan, d'être trop indulgent ou trop
sévère, de ne pas comprendre ce que l'enfant porte au plus profond de lui-même,
ce qu'il éprouve, ce qu'il est capable d'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Éduquer c'est chercher à concilier deux mouvements contraires : celui qui
porte à aider chaque enfant à trouver sa propre voie et celui qui pousse à lui
inculquer ce que soi-même on croit juste, beau et vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une exigence s'impose à l'adulte face à l'enfant qui grandit, celle de ne
pas étouffer sa personnalité sans renoncer à l'éduquer. Chaque enfant, chaque
adolescent a sa manière à lui d'être, de penser, de sentir. Il doit pouvoir
l'exprimer. Mais il doit aussi apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps l'éducation a négligé la personnalité de l'enfant. Il fallait que
chacun entrât dans un moule unique, que tous apprennent la même chose, en même
temps, de la même manière. Le savoir était placé au-dessus de tout. Cette
éducation avait sa grandeur. Exigeante et rigoureuse, elle tirait vers le haut,
elle amenait à se dépasser malgré soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exigence et la rigueur de cette éducation en faisaient un puissant facteur
de promotion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'enfants néanmoins en souffraient et se trouvaient exclus de ses
bienfaits. Ce n'était pas parce qu'ils manquaient de talent, ni parce qu'ils
étaient incapables d'apprendre et de comprendre mais parce que leur
sensibilité, leur intelligence, leur caractère se trouvaient mal à l'aise dans
le cadre unique que l'on voulait imposer à tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une sorte de réaction, depuis quelques décennies, c'est la personnalité
de l'enfant qui a été mise au centre de l'éducation au lieu du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accorder plus d'importance à ce que l'enfant a de particulier, à ce par quoi
se manifeste son individualité, à son caractère, à sa psychologie, était
nécessaire, salutaire. Il était important que tous soient mis en mesure de
tirer le meilleur parti d'eux-mêmes, de développer leurs points forts, de
corriger leurs faiblesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais à trop valoriser la spontanéité, à trop avoir peur de contraindre la
personnalité, à ne plus voir l'éducation qu'à travers le prisme de la
psychologie, on est tombé dans un excès contraire. On ne s'est plus assez
appliqué à transmettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jadis il y avait sans doute dans l'éducation trop de culture et pas assez de
nature. Désormais il y a peut-être trop de nature et plus assez de culture.
Jadis on valorisait trop la transmission du savoir et des valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Désormais, au contraire, on ne la valorise plus assez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorité des maîtres s'en est trouvée ébranlée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle des parents et des institutions aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture commune qui se transmettait de génération en génération tout en
s'enrichissant de l'apport de chacune d'entre elles s'est effritée au point
qu'il est plus difficile de se parler et de se comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'échec scolaire a atteint des niveaux qui ne sont pas acceptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inégalité devant le savoir et devant la culture s'est accrue, alors même
que la société de la connaissance imposait partout dans le monde sa logique,
ses critères, ses exigences. Les chances de promotion sociale des enfants dont
les familles ne pouvaient pas transmettre ce que l'école ne transmettait plus
se sont réduites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait vain pourtant de chercher à ressusciter un âge d'or de
l'éducation, de la culture, du savoir qui n'a jamais existé. Chaque époque
suscite des attentes qui lui sont propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne referons pas l'école de la iiie République, ni celle de nos parents,
ni même la nôtre. Ce qui nous incombe c'est de relever le défi de l'économie de
la connaissance et de la révolution de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous devons faire c'est poser les principes de l'éducation du xxie
siècle qui ne peuvent pas se satisfaire des principes d'hier et pas d'avantage
de ceux d'avant-hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que voulons-nous que deviennent nos enfants ? Des femmes et des hommes
libres, curieux de ce qui est beau et de ce qui est grand, ayant du coeur et de
l'esprit, capables d'aimer, de penser par eux-mêmes, d'aller vers les autres,
de s'ouvrir à eux, capables aussi d'acquérir un métier et de vivre de leur
travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre rôle n'est pas d'aider nos enfants à rester des enfants, ni même à
devenir de grands enfants, mais de les aider à devenir des adultes, à devenir
des citoyens. Nous sommes tous des éducateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Éduquer c'est difficile. Souvent il faut recommencer pour parvenir au but.
Il ne faut jamais se décourager. Ne jamais craindre d'insister. Il y a chez
chaque enfant un potentiel qui ne demande qu'à être exploité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque enfant a une forme d'intelligence qui ne demande qu'à être
développée. Il faut les chercher. Il faut les comprendre. Tout autant qu'une
exigence vis-à-vis de l'enfant, l'éducation est une exigence de l'éducateur
vis-à-vis de lui-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but n'est ni de se contenter d'un minimum fixé à l'avance, ni de
submerger l'enfant sous un flot de connaissances trop nombreuses pour qu'il
soit en mesure d'en maîtriser aucune. Le but c'est de s'efforcer de donner à
chacun le maximum d'instruction qu'il peut recevoir en poussant chez lui le
plus loin possible son goût d'apprendre, sa curiosité, son ouverture d'esprit,
sons sens de l'effort. L'estime de soi doit être le principal ressort de cette
éducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner à chacun de nos enfants, à chaque adolescent de notre pays l'estime
de lui-même en lui faisant découvrir qu'il a des talents qui le rendent capable
d'accomplir ce qu'il n'aurait pas cru de luimême pouvoir accomplir : telle est
à mes yeux la philosophie qui doit sous-tendre la refondation de notre projet
éducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons à nos enfants le même amour et le même respect que nous
attendons d'eux. Cet amour et ce respect que nous leur devons exigent que nos
relations avec eux ne soient empreintes d'aucune forme de renoncement ni de
démagogie. Parce que nous aimons et respectons nos enfants, l'éducation que
nous leur donnons doit les élever et non les rabaisser. Parce que nous aimons
et respectons nos enfants nous ne pouvons pas accepter de renoncer à les
éduquer à la première difficulté rencontrée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que l'enfant a du mal à se concentrer, parce qu'il
n'apprend pas vite ou qu'il ne retient pas facilement ses leçons qu'il doit
être privé de ce trésor de l'instruction sans lequel il ne pourra jamais
devenir un homme vraiment libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous aimons et respectons nos enfants, nous avons le devoir de
leur apprendre à être exigeants vis-à-vis d'eux-mêmes. Nous avons le devoir de
leur apprendre que tout ne se vaut pas, que toute civilisation repose sur une
hiérarchie des valeurs, que l'élève n'est pas l'égal du maître. Nous avons le
devoir de leur apprendre que nul ne peut vivre sans contrainte et qu'il ne peut
y avoir de liberté sans règle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels éducateurs serions-nous si nous n'apprenions pas à nos enfants à faire
la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre ce qui est
autorisé et ce qui est interdit ? Quels éducateurs serions-nous si nous
n'étions pas capables de sanctionner nos enfants 10 quand ils commettent une
faute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant s'affirme en disant non. On ne lui rend pas service en lui disant
toujours oui. Le sentiment de l'impunité est une catastrophe pour l'enfant qui
teste sans cesse les limites que lui impose le monde des adultes. On n'éduque
pas un enfant en lui laissant croire que tout lui est permis, qu'il n'a que des
droits et aucun devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne l'éduque pas en lui laissant croire que la vie n'est qu'un jeu ou que
la mise en ligne de toutes les connaissances du monde le dispense d'apprendre.
Les technologies de l'information doivent être au coeur de la réflexion sur
l'éducation du XXIe siècle. Mais il ne faut pas perdre de vue que la relation
humaine entre l'éducateur et l'enfant reste essentielle et que l'éducation doit
aussi inculquer à l'enfant le goût de l'effort, lui faire découvrir comme une
récompense la joie de comprendre après le long travail de la pensée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Récompenser le mérite, sanctionner la faute, cultiver l'admiration de ce qui
est bien, de ce qui est juste, de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce
qui est vrai, de ce qui est profond, et la détestation de ce qui est mal, de ce
qui est injuste, de ce qui est laid, de ce qui est petit, de ce qui est
mensonger, de ce qui est superficiel, de ce qui est médiocre, voilà comment
l'éducateur rend service à l'enfant dont il a la charge et comment il lui
exprime le mieux l'amour et le respect qu'il lui porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect, justement, ce devrait être le fondement de toute éducation.
Respect du professeur vis-à-vis de l'élève, des parents vis-à-vis de l'enfant,
respect de l'élève pour le professeur, de l'enfant pour ses parents, respect
des autres et respect de soi-même, voilà ce que l'éducation doit produire. S'il
n'y a plus assez de respect dans notre société c'est d'abord, j'en suis
convaincu, un problème d'éducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite que nous reconstruisions une éducation du respect, une école du
respect. Je souhaite que nos enfants apprennent la politesse, l'ouverture
d'esprit, la tolérance, qui sont des formes du respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite que les élèves se découvrent lorsqu'ils sont à l'école et qu'ils
se lèvent lorsque le professeur entre dans la classe, parce que c'est une
marque de respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite qu'on apprenne à chacun d'entre eux à respecter le point de vue
qui n'est pas le sien, la conviction qu'il ne partage pas, la croyance qui lui
est étrangère, qu'on lui fasse comprendre à quel point la différence, la
contradiction, la critique loin d'être des obstacles à sa liberté sont au
contraire des sources d'enrichissement personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre bousculé dans ses habitudes de pensée, dans ses certitudes, être obligé
d'aller vers l'autre, de s'ouvrir à ses arguments, à ses sentiments, de le
prendre au sérieux est une incitation à s'interroger sur ses propres
convictions, sur ses propres valeurs, à se remettre en cause, à faire un effort
sur soi-même, donc à se dépasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle nous devons conserver, même si nous devons le
rénover, notre modèle d'école républicaine qui brasse toutes les origines,
toutes les classes sociales, toutes les croyances, et qui s'impose de rester
neutre face aux convictions religieuses, philosophiques ou politiques de chacun
en les respectant toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce modèle s'est affaibli, ses principes ne sont plus assez respectés. Si je
souhaite aller progressivement vers la suppression de la carte scolaire, c'est
précisément pour qu'il y ait moins de ségrégation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je souhaite réformer le collège unique, c'est pour que chacun puisse y
trouver sa place, pour que les différences de rythmes, de sensibilités, de
caractères, de formes d'intelligence soient mieux prises en compte de façon à
donner à chacun une plus grande chance de réussir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je souhaite que les enfants handicapés puissent être scolarisés comme
tous les autres enfants, ce n'est pas seulement pour faire le bonheur des
enfants handicapés mais aussi pour que les autres enfants s'enrichissent de
cette différence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je veux que l'école, par-dessus tout, demeure laïque, c'est parce que la
laïcité est à mes yeux un principe de respect mutuel et parce qu'elle ouvre un
espace de dialogue et de paix entre les religions, parce qu'elle est le plus
sûr moyen de lutter contre la tentation de l'enfermement religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque de la confrontation religieuse qui ouvrirait la voie à un choc des
civilisations, qu'avons-nous de mieux à opposer que quelques grandes valeurs
universelles et la laïcité ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, je suis convaincu qu'il ne faut pas laisser le fait religieux à
la porte de l'école. La genèse des grandes religions, leurs visions de l'homme
et du monde doivent être étudiées, non, bien sûr, dans un quelconque esprit de
prosélytisme, non dans le cadre d'une approche théologique, mais dans celui
d'une analyse sociologique, culturelle, historique qui permette de mieux
comprendre la nature du fait religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spirituel, le sacré accompagnent de toute éternité l'aventure humaine.
Ils sont aux sources de toutes les civilisations. Et l'on s'ouvre plus
facilement aux autres, on dialogue plus facilement avec eux quand on les
comprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'apprentissage de la différence ne doit pas conduire à négliger la
participation à une culture commune, à une identité collective, à une morale
partagée. Éduquer c'est éveiller la conscience individuelle et la hausser par
paliers jusqu'à la conscience universelle, c'est faire que chacun se sente une
personne unique et en même temps partie prenante de l'humanité tout entière.
Entre les deux il y a quelque chose d'essentiel que nulle éducation ne peut
contourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la conscience individuelle et la conscience universelle il y a, pour
nous Français, la conscience nationale et la conscience européenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la conscience de l'appartenance au genre humain et la conscience d'une
destinée individuelle, l'éducation doit aussi éveiller des consciences
civiques, former des citoyens. Nos enfants ne seront jamais des citoyens du
monde si nous ne sommes pas capables d'en faire des citoyens français et des
citoyens européens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille joue bien sûr un rôle essentiel dans la transmission de
l'identité nationale. Mais c'est l'école qui est le creuset. En parlant de
l'école je ne pense pas seulement à l'instruction civique dont l'enseignement
doit retrouver une place de premier plan à l'école primaire, au collège et au
lycée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pense pas seulement à la transmission de valeurs morales comme les
droits de l'Homme, l'égalité de l'homme et de la femme ou la laïcité qui sont
au coeur de notre identité. Je pense aussi aux valeurs intellectuelles, à une
façon qui nous est propre de penser, de réfléchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense à cette tradition française de la pensée claire, à ce penchant si
français pour la raison universelle qui est dans notre philosophie, dans notre
science, mais qui est aussi dans notre langue, dans notre littérature, dans
notre art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face à la menace d'aplatissement du monde, notre devoir est de promouvoir la
diversité culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce devoir nous impose de défendre d'abord notre propre identité, d'aller
puiser ce qu'il y a de meilleur dans notre tradition intellectuelle, morale,
artistique et de le transmettre à nos enfants pour qu'ils le maintiennent
vivant pour tous les hommes. Car les héritages de toutes les cultures, de
toutes les civilisations appartiennent à toute l'humanité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes nous-mêmes les héritiers de toutes les conquêtes, de toutes les
créations de l'esprit humain. Nous sommes les héritiers de toutes les grandes
civilisations qui ont contribué à la fécondation réciproque des cultures qui
est en train d'engendrer la première civilisation planétaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvrir nos enfants à l'universel, au dialogue des cultures, ce n'est pas un
reniement de ce que nous sommes. C'est un accomplissement. De tout temps la
France a placé l'universalisme au coeur de sa pensée et de ses valeurs. De tout
temps, la France s'est regardée comme l'héritière de toutes les cultures qui
dans le monde ont apporté leur contribution à l'idée d'humanité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons remettre la culture générale au coeur de notre ambition
éducative. Naturellement l'horizon de cette culture générale ne doit pas être
une accumulation sans fin de connaissances, mais un savoir réfléchi, ordonné,
maîtrisé. Il ne faut chercher ni l'exhaustivité ni la quantité, mais viser
l'essentiel et la qualité, mettre en relation les différents champs de
l'intelligence humaine pour permettre à chaque enfant, à chaque adolescent de
se construire sa propre vision du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la première fois dans l'histoire les enfants savent beaucoup de choses
que leurs parents ne savent pas. Mais il faut structurer ce savoir en culture,
l'éclairer de tout l'héritage de la sagesse et de l'intelligence humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas cloisonner, isoler, opposer les différentes formes de savoir.
L'enseignement par discipline doit demeurer parce que chacune a sa logique
propre, parce que c'est le seul moyen d'aller au fond des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut le compléter par une vision d'ensemble, par une mise en
perspective de chaque discipline par rapport à toutes les autres. Par-dessus
les catégories traditionnelles de la connaissance, je suis convaincu qu'il nous
faut maintenant tisser la trame d'un nouveau savoir, fruit de la combinaison,
du mélange, de la fécondation réciproque des disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas pour le manuel unique. Je ne suis pas pour la globalisation
du savoir qui mène à la confusion. Mais je crois que l'interdisciplinarité doit
trouver sa place très tôt dans notre enseignement parce que l'avenir est au
métissage des savoirs, des cultures, des points de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que là se trouve l'une des clés de notre Renaissance
intellectuelle, morale et artistique. La culture générale, elle doit être une
préoccupation constante. Et quand nos enfants apprennent des langues
étrangères, et je souhaite qu'ils en apprennent obligatoirement au moins deux
en plus du Français, il faut que cet apprentissage soit aussi un apprentissage
de culture et de civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite que nos enfants apprennent les langues à travers la littérature,
le théâtre, la poésie, la philosophie, la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmer l'importance de la culture générale dans l'éducation où elle a tant
reculé au profit d'une spécialisation souvent excessive et trop précoce, c'est
affirmer tout simplement que le savant, l'ingénieur, le technicien ne doit pas
être inculte en littérature, en art, en philosophie et que l'écrivain,
l'artiste, le philosophe ne doit pas être inculte en science, en technique, en
mathématiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'idée que celui qui se destinerait aux sciences n'aurait rien à faire de la
poésie, du théâtre ou de la philosophie est une idée que je trouve absurde.
L'idée que l'enfant de famille modeste, celui qui est né dans l'un de ces
quartiers difficiles qui accumulent les handicaps, le fils ou la fille de
l'employé, de l'ouvrier n'aurait pas besoin d'être confronté aux grandes
oeuvres de l'esprit humain, qu'il ne serait pas capable de les apprécier, que
lui apprendre à lire, écrire et compter serait bien suffisant, est pour moi
l'une des plus grandes marques du mépris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tant d'adolescents n'arrivent pas à exprimer ce qu'ils ressentent, si
tant de jeunes dans notre pays n'arrivent plus à exprimer leurs émotions, leurs
sentiments, à les faire partager, à trouver les mots de l'amour ou ceux de la
douleur, si beaucoup d'entre eux n'arrivent plus à s'exprimer que par
l'agressivité, par la brutalité, par la violence, c'est peut-être aussi parce
qu'on ne les a pas initiés à la littérature, à la poésie, ni à aucune des
formes d'art qui savent exprimer ce que l'homme a de plus émouvant, de plus
pathétique, de plus tragique en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l'époque de la vidéo, du portable, d'internet, de la communication
immédiate, nos enfants n'ont pas moins besoin de culture générale mais
davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont davantage besoin de capacités d'analyse, d'esprit critique, de
repères. Plus le monde produit de connaissances, plus il produit
d'informations, plus il produit de techniques, plus est forte l'exigence de
culture pour celui qui veut rester libre, qui veut maîtriser son destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde tel qu'il est, avec ses sollicitations de plus en plus
nombreuses et prenantes, nos enfants ont besoin de plus d'humanisme et de plus
de science. Sur ces deux terrains, nous avons trop cédé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À rebours de nos traditions intellectuelles, la culture humaniste s'étiole
et la culture scientifique régresse. Il nous faut nous battre sur les deux
fronts, donner tôt aux enfants le goût de la lecture, de l'Art et de la
science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il nous faut revoir notre façon de transmettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop longtemps, la passivité de l'enfant qui reçoit le savoir fut de mise
dans notre éducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a sans doute trop critiqué l'apprentissage par coeur qui a son utilité
dans l'entraînement de la mémoire. Et qui peut se plaindre d'avoir gravé dans
son souvenir quelques fables de La Fontaine ou quelques vers de Verlaine ou
d'avoir appris à se repérer dans la chronologie de l'histoire de France ou dans
la géographie du monde, d'avoir récité les tables de multiplication et les
formules usuelles de l'arithmétique et de géométrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la culture véritable exige davantage que la récitation. Elle ne
s'installe en profondeur qu'à travers l'éveil de la conscience, de
l'intelligence, de la curiosité. Il faut amener l'enfant à s'interroger, à
réfléchir, à prendre de la distance, à réagir, à douter et à découvrir par
lui-même les vérités qui lui serviront durant toute sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre éducation doit devenir moins passive, moins mécanique. Elle doit aussi
réduire la place excessive qu'elle donne trop souvent à la doctrine, à la
théorie, à l'abstraction devant lesquelles beaucoup d'intelligences se rebutent
et se ferment. Il nous faut faire une place plus grande à l'observation, à
l'expérimentation, à la représentation, à l'application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis convaincu que de cette façon on intéressera davantage un plus grand
nombre d'enfants et que l'échec scolaire s'en trouvera réduit. Cela vaut pour
les sciences, comme pour les humanités ou pour les arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le savoir devienne plus vivant, plus concret, il faut ouvrir
davantage le monde de l'éducation sur les autres mondes, ceux de la culture, de
l'art, de la recherche, de la technique et, bien sûr, sur le monde de
l'entreprise qui sera celui dans lequel la plupart de nos enfants vivront un
jour leur vie d'adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que nos enfants rencontrent des écrivains, des artistes, des
chercheurs, des artisans, des ingénieurs, des entrepreneurs qui leur feront
partager leur amour de la beauté, de la vérité, de la découverte, de la
création. Des liens doivent être tissés entre les institutions culturelles, les
centres de recherche, le monde de l'édition, des entreprises et les écoles, les
collèges, les lycées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas que les enfants restent enfermés dans leur classe. Très tôt,
ils doivent aller dans les théâtres, les musées, les bibliothèques, les
laboratoires, les ateliers. Très tôt ils doivent être confrontés aux beautés de
la nature et initiés à ses mystères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les forêts, dans les champs, dans les montagnes ou sur les plages
que les leçons de physique, de géologie, de biologie, de géographie, d'histoire
mais aussi la poésie, auront souvent le plus de portée, le plus de
signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut apprendre à nos enfants à regarder aussi bien le chef-d'oeuvre de
l'artiste que celui de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus qu'il ne faut hésiter à les mettre en contact avec les grandes
oeuvres de l'esprit humain et avec ceux qui les maintiennent vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos enfants ne seront pas tous musiciens, poètes, scientifiques, ingénieurs
ou artisans dans les métiers d'art. Mais à l'enfant qui ne sera jamais
musicien, il ne faut pas renoncer à donner le goût de la musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l'enfant qui ne sera jamais poète, l'amour de la poésie. À l'enfant qui ne
sera jamais chercheur, le goût de la rigueur scientifique et la passion de
chercher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l'enfant qui ne sera jamais artisan, l'amour du travail bien fait, du beau
geste, de la technique accomplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela vaut pour tous les enfants, tous les adolescents, quelles que soient
leurs origines, leur milieu social, qu'ils soient élèves dans l'enseignement
général ou dans l'enseignement professionnel. Car c'est un autre des défauts de
notre éducation traditionnelle que d'opposer ce qui est manuel à ce qui est
intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cloisonnement absurde qu'il faut briser pour que les filières
professionnelles soient reconnues comme des filières d'excellence au même titre
que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est une autre opposition encore qu'il nous faut dépasser : celle du corps
et de l'esprit. L'éducation est un tout. Elle doit être théorique autant que
pratique, intellectuelle autant que physique, artistique autant que sportive.
La place faite au sport est encore insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant a besoin de se dépasser. Mais le sport est aussi une école du
respect des autres, du respect de la règle, de la loyauté et du dépassement de
soi. Je crois à la valeur éducative du sport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement le sport doit prendre plus d'importance à l'école, mais il
faut aussi que le monde du sport et celui de l'éducation s'ouvrent davantage
l'un sur l'autre, qu'entre les institutions sportives et les institutions
éducatives aussi les liens soient resserrés, qu'entre les sportifs et les
enseignants la coopération s'établisse pour le plus grand bien de nos
enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenez-moi bien, il ne s'agit pas dans mon esprit d'alourdir encore les
horaires d'enseignement qui sont déjà trop lourds. Il ne s'agit pas d'ajouter
encore des enseignements nouveaux à une liste déjà trop longue. Dans mon
esprit, il s'agit au contraire, de redonner à nos enfants le temps de vivre, de
respirer, d'assimiler ce qui leur est enseigné.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il nous faut retrouver, c'est la cohérence du projet éducatif. Elle
passe naturellement par la remise à plat des rythmes et des programmes
scolaires qui est devenue nécessaire après des décennies où l'école s'est
trouvée confrontée à une masse croissante d'exigences contradictoires et à des
tensions et des attentes de plus en plus fortes au fur et à mesure que la
cohésion sociale devenait plus fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver une cohérence à l'intérieur de chaque discipline, mais aussi entre
les disciplines et avec les attentes de la société, retrouver un fil directeur
dans l'éducation, lui fixer des principes, des objectifs, des critères simples.
Voilà ce que nous avons d'abord à faire. En même temps, il nous faut élever le
niveau d'exigence, non pas en quantité mais en qualité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de mettre en place une sélection brutale à l'entrée de l'université
qui serait une solution malthusienne, il nous faut élever progressivement le
niveau d'exigence à l'école primaire, puis au collège et au lycée. Nul ne doit
entrer en 6e s'il n'a pas fait la preuve qu'il était capable de suivre
l'enseignement du collège.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne doit entrer en seconde s'il n'a pas fait la preuve qu'il était
capable de suivre l'enseignement du lycée et le baccalauréat doit prouver la
capacité à suivre un enseignement supérieur. Ce sera un long travail qui ira de
la reconstruction de l'école primaire à celle du lycée. Mais il est vital pour
l'avenir de notre jeunesse et donc de notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner le maximum à chacun au lieu de se contenter de donner le minimum à
tous. Voilà comment je souhaite que nous prenions désormais le problème de
l'éducation et particulièrement celui de l'école.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette refondation de notre éducation, elle ne pourra être accomplie qu'avec
le concours de tous les éducateurs. La volonté politique ne peut suffire à elle
seule. C'est pourquoi je m'adresse à vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je dis &amp;quot;tous les éducateurs&amp;quot;, je veux dire que le but ne sera pas
atteint seulement avec l'aide des professeurs ou seulement avec l'aide des
parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne peut-être que l'oeuvre commune de tous les éducateurs travaillant
ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pour que nous réussissions que chacun d'entre vous se fasse un
devoir de travailler avec les autres. Entre le père, la mère, le professeur, le
juge, le policier, l'éducateur social, et tous ceux qui sont en contact avec
l'enfant dans le milieu sportif, culturel, associatif, l'intérêt de l'enfant
doit l'emporter sur toutes autres considérations. La confiance, la coopération,
l'échange, l'esprit de responsabilité doit régner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun doit passer par-dessus ses préventions ou ses a priori pour remplir
son devoir qui est de préparer l'enfant à devenir adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parents, vous êtes les premiers des éducateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais combien ce rôle est difficile quand le chômage menace, quand la
famille se recompose, quand le père ou la mère se retrouve tout seul pour
élever ses enfants. Je sais combien la vie peut être lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux vous dire que vous serez soutenus, que vous serez aidés à chaque
fois que vous en aurez besoin pour éduquer vos enfants dès le plus jeune âge et
que pour moi la politique familiale fait entièrement partie du projet
éducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux vous dire que le droit à la garde d'enfants et la maternelle seront
pour moi, au cours des cinq années qui viennent, des priorités et que je suis
décidé à faire en sorte que plus aucun enfant ne soit livré à lui-même une fois
la classe terminée afin que vous puissiez achever votre journée de travail sans
éprouver l'angoisse de savoir votre fils ou votre fille sans surveillance, sans
encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Désormais les devoirs seront faits à l'école, en études surveillées et pour
les bons élèves issus des familles les plus modestes qui ne peuvent pas offrir
à leurs enfants un cadre propice à l'étude, des internats d'excellence seront
créés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous serez aidés dans votre tâche. Mais vous avez des devoirs vis-à-vis de
vos enfants. Vous devez donner l'exemple. Mais vous avez la responsabilité de
faire en sorte que votre enfant aille à l'école, de lui inculquer le respect
des lois et de la politesse, de contrôler que les devoirs sont faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous les laissez manquer la classe, si vous les abandonnez à eux-mêmes,
alors il est normal que la société vous demande des comptes, que votre
responsabilité soit mise en jeu, que les aides qui vous sont accordées puissent
être placées sous tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeurs, enseignants, vous aussi vous avez droit au respect, à l'estime.
Votre rôle est capital. Vous avez souvent fait de longues études. Vous devez
faire preuve d'intelligence, de patience, de psychologie, de compétence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais à quel point le merveilleux métier d'enseigner est exigeant, à quel
point il vous oblige à donner beaucoup de vous-même, à quel point aussi il est
devenu difficile et parfois ingrat depuis que la violence est entrée dans
l'école. J'ai bien conscience que votre statut social, votre pouvoir d'achat,
se sont dégradés au fur et à mesure que votre tâche devenait plus lourde, vos
conditions de travail plus éprouvantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nation vous doit une reconnaissance plus grande, de meilleures
perspectives de carrière, un meilleur niveau de vie, de meilleures conditions
de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jadis l'instituteur, le professeur avaient une place reconnue dans la
société parce que la République était fière de son école et de ceux auxquels
elle en avait confié la charge. L'instituteur, le professeur était fier de son
métier, fier de servir la République et une certaine idée de l'Homme et du
progrès.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons renouer avec cette fierté. Dans l'école de demain vous serez
mieux rémunérés, mieux considérés et à rebours de l'égalitarisme qui a trop
longtemps prévalu, vous gagnerez plus, vous progresserez plus rapidement si
vous choisissez de travailler et de vous investir davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pourrez choisir la pédagogie qui vous semblera la mieux adaptée à vos
élèves parce que je crois qu'il faut faire confiance aux enseignants, à leur
capacité de jugement, parce qu'ils sont les mieux placés pour décider de ce qui
est bon pour leurs élèves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les établissements dans lesquels vous enseignerez auront une plus grande
autonomie dans le choix de leur projet, de leur organisation. L'évaluation sera
partout la règle et les moyens seront répartis en fonction des résultats et des
difficultés que rencontrent les élèves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconversion de ceux d'entre vous qui après avoir longtemps enseigné
éprouveront le besoin de changer de métier et faire valoir autrement leurs
compétences, leur savoir, sera facilitée que ce soit à l'intérieur du secteur
public ou à l'extérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l'inverse, ceux qui après avoir acquis ailleurs une expérience souhaitent
se tourner vers l'enseignement seront mieux accueillis qu'aujourd'hui. Dans
l'éducation nationale, comme dans toute la fonction publique, le carcan des
statuts doit s'ouvrir pour permettre que circulent les hommes, les idées, les
compétences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite faire de la revalorisation du métier d'enseignant l'une des
priorités de mon quinquennat parce qu'elle est le corollaire de la rénovation
de l'école et de la refondation de notre éducation. Mais vous devez, vous le
professeur, l'enseignant, comme les parents, vous montrer exemplaire.
Exemplaire par votre comportement, par votre tenue, par votre rigueur, par
votre esprit de justice, par votre implication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemplaire aussi par votre capacité à faire prévaloir l'autorité du maître,
par votre souci de récompenser le mérite et de sanctionner la faute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'école que j'appelle de mes voeux où la priorité sera accordée à la
qualité sur la quantité, où il y aura moins d'heures de cours, où les moyens
seront mieux employés parce que l'autonomie permettra de les gérer davantage
selon les besoins, les enseignants, les professeurs seront moins nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sera la conséquence de la réforme de l'école et non le but de
celle-ci. Et, je m'y engage, les moyens qui seront ainsi dégagés seront
réinvestis dans l'éducation et dans la revalorisation des carrières. Il s'agit
d'être plus efficace, non de rationner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il s'agit d'être efficace non seulement pour atteindre un objectif
économique, non seulement pour que demain notre économie dispose d'une
main-d'oeuvre bien formée, mais aussi, et peut être surtout, pour que nos
enfants soient porteurs de valeurs de civilisation, pour qu'une certaine idée
de la civilisation continue de vivre en eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'entre vous, je le sais, mesure l'importance du défi que nous avons
à relever. Chacun d'entre vous comprend que la révolution du savoir qui
s'accomplit sous nos yeux ne nous laisse plus le temps pour repenser le sens
même du mot éducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'entre vous est conscient que face à la dureté des rapports sociaux,
à l'angoisse devant un avenir de plus en plus vécu comme une menace, le &amp;quot; monde
a besoin d'une nouvelle Renaissance, qui n'adviendra que grâce à l'éducation. À
nous de reprendre le fil qui court depuis l'humanisme de la Renaissance jusqu'à
l'école de Jules Ferry, en passant par le projet des Lumières.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de la refondation est venu. C'est à cette refondation que je vous
invite. Nous la conduirons ensemble. Nous avons déjà trop tardé.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Les PME sont piégées par la mondialisation</title>
    <link>http://www.jeanlouisrenault.com/post/2007/04/18/Les-PME-sont-piegees-par-la-mondialisation-par-Luc-FERRY</link>
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    <pubDate>Wed, 18 Apr 2007 20:47:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Louis</dc:creator>
        <category>Actualités</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Luc FERRY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
Interview très intéressante de Luc Ferry parue dans le &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.lentreprise.com/3/2/5/article/12094.2.html&quot;&gt;magazine
l'entreprise&lt;/a&gt; ou le regard d'un républicain libéral et philosophe sur l'état
d'une société dans laquelle &amp;quot;le progrès n’est plus animé par un objectif de
liberté et de bonheur mais par la seule logique de compétition.&amp;quot;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
&lt;h4&gt;Quel regard portez-vous sur le monde des petites et moyennes entreprises
?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luc Ferry :&lt;/strong&gt; Souvent, les chefs d’entreprise, sans en avoir
conscience, sont pleins de contradictions. D’un côté, ils regrettent que « tout
foute le camp ». Ils aimeraient que les jeunes soient plus polis, cultivés,
travailleurs... D’un autre côté, ils ne se rendent pas compte que
l’effondrement des valeurs auxquelles ils tiennent est lié à l’accélération de
la société de consommation à laquelle ils participent.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Comment en est-on arrivé là ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : Plus les gens ont une vie intérieure, spirituelle et culturelle
riche, moins ils consomment. Or l’idéal des sociétés de consommation serait que
nous ayons la structure psychique d’un drogué, de quelqu’un qui augmente les
doses et rapproche les prises. Le client idéal ! Mais, comme le disent joliment
les Italiens, on ne peut pas avoir « le tonneau plein et la femme ivre » :
avoir des enfants qui aient à la fois plein de repères culturels traditionnels
et solides, et qui soient aussi des zappeurs tous azimuts capables de changer
trois fois par an de portable !&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Il est étonnant qu’un homme de droite fasse le procès du capitalisme.
Faut-il rejeter l’économie de marché, qui, pourtant, fait vivre nos entreprises
?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : Evidemment pas, mais, pour être un républicain de droite, on n’est
pas obligé d’être aveugle. Or, sans en avoir forcément conscience, nous sommes
prisonniers du capitalisme mondialisé. Sur un vélo, on est obligé de pédaler,
sinon on tombe. Les patrons sont obligés de produire sans cesse de nouveaux
portables plus beaux, plus légers, de nouveaux ordinateurs, des MP3, des
voitures plus performantes, etc. Sinon, ils sont morts. Résultat : le progrès
n’est plus animé par un objectif de liberté et de bonheur. Il est animé par la
seule logique de compétition.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Que pensez-vous de la mondialisation ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : Pour parodier Churchill, « la mondialisation, c’est le pire des
systèmes à l’exception de tous les autres ». Ses bienfaits sont immenses sur le
plan économique, mais elle a détruit les valeurs traditionnelles et rendu le
politique quasi impuissant.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Que retirez-vous de votre expérience ministérielle ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : Ma marge d’action a été faible pour deux raisons fondamentales. La
première est économique : la dette publique de la France s’élève à plus de 2
000 milliards d’euros et tout ministère de l’Education a, dans ce contexte,
d’énormes soucis budgétaires. La seconde raison, c’est que, comme le surfeur,
l’homme politique qui veut durer ne devrait jamais aller contre la vague. En
faisant la réforme des retraites, en décentralisant, en supprimant des postes
de fonctionnaires, on va au casse-pipe, car, quoi qu’on en dise, c’est bien la
rue qui gouverne. C’est regrettable, car ce sont les prochaines générations qui
vont payer l’ardoise de l’absence de grandes réformes. Je continue de penser
que le président de la République aurait dû tenir bon au lieu de reculer sans
cesse.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Si vous étiez appelé par un nouveau gouvernement, quelles seraient vos
priorités pour l’Education nationale ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : J’en proposerais trois (hors la poursuite de la lutte contre
l’illettrisme). Premièrement, mettre en place de véritables classes en
alternance collège/entreprise, pour que des jeunes puissent effectivement
découvrir les métiers. Deuxièmement, créer des filières d’excellence dans la
voie professionnelle. Des équivalents de Polytechnique et de Normale sup pour
les métiers manuels, afin que cette filière soit vraiment revalorisée.
Troisièmement, faire l’autonomie des universités et mettre en place des
conseils d’orientation auxquels seraient associés chefs d’entreprise et élus
locaux. Toutes ces mesures faciliteraient l’embauche des jeunes sans nuire à
leur formation générale.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;A quoi sert le Conseil d’analyse de la société (CAS), que vous présidez
?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : C’est l’un des sept conseils qui entourent nos Premiers ministres
pour éclairer les choix politiques du gouvernement. Le Conseil d’analyse de la
société est composé de vingt membres bénévoles, d’horizons très divers, mais
tous de très haut niveau dans leur domaine : historiens, sociologues,
biologistes, médecins, artistes, sportifs... Nous avons produit et publié des
synthèses et des propositions sur des sujets variés mais cruciaux à nos yeux :
la discrimination positive, le service civil obligatoire, l’homoparentalité,
etc.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Quelles sont, selon vous, les valeurs qui animent les salariés
d’aujourd’hui ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : Dans nos démocraties, les entités sacrificielles traditionnelles ont
disparu : plus personne n’ira mourir pour la gloire de Dieu, de la patrie ou de
la révolution prolétarienne. En revanche, nous serions nombreux à risquer notre
vie pour défendre ceux que nous aimons. En d’autres termes, le sacré n’a pas
disparu, il s’est incarné dans l’humanité, et c’est une véritable révolution.
C’est là tout le thème de mon livre sur la famille : la montée en puissance de
la vie privée par rapport à la vie politique ne doit pas être interprétée comme
un repli individualiste ou un renoncement aux affaires du monde. C’est au
contraire la vérité d’un humanisme enfin parvenu à maturité.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;De leur côté, que recherchent les chefs d’entreprise ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : J’ai souvent observé que, une fois la réussite acquise, les chefs
d’entreprise sont à la recherche du sens qu’ils peuvent donner à leur vie. Aux
Etats-Unis, de grands patrons richissimes, comme Bill Gates, créent des
fondations. C’est un mouvement qui s’amorce en France et touche également les
patrons de PME. Chacun fait les choses à son niveau, avec les moyens dont il
dispose, et c’est à mes yeux un beau progrès.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Qu’est-ce qu’une vie réussie ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L.F. : Une vie réussie, ce n’est pas payer l’impôt sur la fortune ! Les
Grecs pensaient qu’on accédait à la vie bonne quand on parvenait à surmonter
ses peurs, à commencer par celle de la mort. C’est toujours la condition
première pour être libre et pouvoir s’ouvrir aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Crier Haro sur les fumeurs dans l'entreprise...</title>
    <link>http://www.jeanlouisrenault.com/post/2007/03/02/Crier-Haro-sur-les-fumeurs-dans-lentreprise</link>
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    <pubDate>Fri, 02 Mar 2007 16:02:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Louis</dc:creator>
        <category>Actualités</category>
            
    <description>    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Un salarié employé comme électricien en CDI
depuis deux ans a reçu l'année dernière sa lettre de licenciement pour faute
grave.... pour avoir fumé une cigarette dans la chaufferie...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Dans le même temps, une employée non-fumeur de
France Télécom, malade des fumées de cigarettes sur son lieu de travail, a fait
valoir son droit de retrait en passant ses heures de travail dans sa voiture,
pendant cinq jours, devant le siège de France Télécom à Nancy. L'entreprise lui
a proposé deux autres postes dans des locaux non-fumeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Comment pouvez-vous gérer au mieux les fumeurs
dans votre entreprise ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;La loi est limpide, il est interdit de fumer
dans les lieux affectés à un usage collectif prévue par l'article L 3511-7 ,
s'applique &amp;quot;dans tous les lieux fermés et couverts accueillant du public ou qui
constituent des lieux de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Quelles sont les obligations de l'employeur
?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Respecter la nécessité de protéger les
non-fumeurs&lt;br /&gt;
Rappeler de manière apparente le principe de l'interdiction de fumer dans les
lieux de travail&lt;br /&gt;
Signaler de manière apparente la localisation des espaces éventuellement
réservés aux fumeurs&lt;br /&gt;
Consulter les instances représentatives du personnel et le médecin du travail,
avant de mettre des emplacements à la disposition des fumeurs&lt;br /&gt;
Respecter les normes de ventilation dans les espaces fumeurs&lt;br /&gt;
Quels sont les risques pour le fumeur ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Fumer en dehors d'un emplacement mis à sa
disposition est puni d'une amende de 3ème classe, allant jusqu'à 450 €&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Quels sont les risques pour l'employeur ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Le fait de :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;- réserver aux fumeurs des emplacements non
conformes,&lt;br /&gt;
- ne pas respecter les normes de ventilation&lt;br /&gt;
- ne pas mettre en place la signalisation&lt;br /&gt;
Est puni d'une amende de la 5ème classe allant jusqu'à 1 500 €&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Conseil : ne stigmatisez pas les fumeurs, la
lutte contre le tabagisme ne doit pas se transformer en &amp;quot;chasse aux sorcières&amp;quot;
!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;La liberté des fumeurs doit être autant prise en
compte que la liberté des non-fumeurs, et pouquoi ne pas faire appel à un
tabacologue ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Il faut un peu de temps pour diminuer voire
supprimer le tabagisme dans votre entreprise, et il est de mauvais ton d'avoir
une politique cadre et une politique non cadre...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
Source : &lt;a href=&quot;http://www.rhconcept.com/gestion_lien_sponsorise/pubs/redirect.asp?num=242&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;RH Conseil PME&lt;/a&gt; -</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Degré d'engagement des salariés en France</title>
    <link>http://www.jeanlouisrenault.com/post/2006/11/22/Degre-dengagement-des-salaries-en-France</link>
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    <pubDate>Wed, 22 Nov 2006 09:44:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Louis</dc:creator>
        <category>Actualités</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck MOUGIN, Directeur des ressources Humaines du groupe DANONE
déclare dans un article de l’express du 15 novembre 2006 « La motivation des
salariés est une condition impérative de croissance de
l’entreprise».&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce même numéro de l’express publie une étude réalisée par « l’Observatoire
du travail » qui fait nettement ressortir une baisse générale de l’implication
des salariés dans les entreprises par rapport à la précédente étude qui remonte
à 2003. Le besoin impératif de croissance des entreprises peut-il aller de
paire avec une baisse du niveau d’implication et de motivation de ses
collaborateurs ? Ce n’est pas nouveau de dire que le sens de l’action
quotidienne dans l’activité professionnelle s’estompe ! Ce qui est nouveau
c’est la rapidité à laquelle ce niveau d’engagement, d’implication et de
motivation des salariés de dégrade. Cette étude conjointe de L’express et de
l’observatoire du travail est à corroborer avec l’ enquête menée fin 2005 par
le Cabinet TOWER PERRINS auprès de 86 000 salariés dans 16 pays et qui fait
ressortir qu’en France les degrés d’engagement des salariés sont les suivants
:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Fortement engagés = 9%&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Modérément engagés = 68%&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Désengagés = 23%&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Source Towers Perrin&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L’un des points communs de ces deux études, est le sentiment du manque de
reconnaissance, évoqué par les salariés. Ce qui pourrait en partie expliquer
pourquoi, deux ans plus tôt, les « désengagés » n’étaient que 18% contre 23%
aujourd’hui. Que penser par ailleurs du constat qui fait ressortir que 68% de
ces salariés ne sont que « Modérément engagés ». Peut-on décemment penser que
l'on peut continuer à vouloir faire de la croissance, conquérir des parts de
marchés, privilégier l'engagement et la créativité sans modifier sa façon
d'être, de penser et d'agir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole circule !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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