Les relations humaines dans les organisations professionnelles
s’améliorent elles ou se dégradent elles ? Force est de constater
que l'on entend plus souvent parler de dégradation que d’amélioration de ces
relations, avec en corollaire l'apparition d'une nouvelle expression
"Compétences relationnelles». Est-ce à dire que les organisations
professionnelles, les entreprises ont changé ?
Oui, bien sur ! Et profondément. A la différence de nos anciens, plus
personne aujourd’hui n’envisage en entrant dans une entreprise ou une
organisation d’y passer sa vie ou d’y faire carrière. Les parcours
professionnels de demain seront constitués de plusieurs métiers. Est-ce l'une
de ces raisons qui altèrent les relations humaines. Quoi qu'il en soit,
les modifications liées, entre autres, à la modification du temps de
travail ont induites un nouveau rapport au temps libre, à la vie familiale et
personnelle qui prend aujourd’hui plus d’importance. Ce nouveau rapport à la
vie professionnelle entraîne de substantielles modifications dans le
comportement des salariés:
- L’exigence salariale sur les conditions matérielles d'exercice de l'emploi
devient plus forte et plus rapide.
- Le sentiment d’appartenance est moins vivace.
- La culture entreprise est passée en arrière plan
- L’individualisme devient plus fort dans les comportements, que le
partage.
- L’entreprise est devenu un lieu de travail ou la convivialité s’est
progressivement désagrégée au profit de l’égocentrisme. "Je fais mon
boulot pendant le temps ou je suis là, demain on verra."
On est entré dans le temps du CARPE DIEM. Les salariés ont-ils responsables
de cet état de fait ? La lecture des deux dernières décennies avec son cortège
de structuration et restructuration, avec l'apparition des mots tels que:
Globalisation, mondialisation, temps de travail...ont fortement marqué les
esprits. Les salariés perdent ainsi souvent le sens de leur
action. L'organisation professionnelle, qu'elle soit privée ou
publique, est souvent un monde sans repères. Des changements profonds
apparaissent ainsi au niveau des valeurs. La surmédiatisation de la réussite
par la chance, le jeu, et la bourse dénaturent la valeur même du travail. Ceux
qui épousent cette logique sont en porte à faux avec cette valeur sociale, mais
ceux qui la refusent sont également frustrés puisque l’effort semble être moins
récompensé. Les salariés veulent aujourd’hui une vie à la carte, dans un
rapport flexible et individualisé au travail. La frustration majeure tient à
une perte de sens, de lien avec ce que l’on fait et l’objectif à atteindre. Les
valeurs qui ont été celles de nos aïeux pendant des siècles se sont désagrégées
au fil du siècle dernier entre autre au contact de la modernité. L’ère du
«Je d’abord» a fait son apparition et se développe à la vitesse d’un
cheval au galop. Nous sommes rentrés de plein pied dans l’ère du jetable.
Briquets, stylos et mouchoirs jetables, téléphones jetables, conjoints
jetables, emplois jetables, politiciens jetables. Force est de constater que
les visions d’avenir manquent. Les Entreprise publiques ou privées sont dans le
court terme, la vitesse et surtout le paradoxe : Des licenciements quand
les profits sont élevés, des PDG qui partent avec des émoluments énormes, alors
qu’ils obtiennent des résultats médiocres. L’organisation professionnelle
devient un monde sans repères qu’on ne comprend plus. Or, l'être humain ne
peut vivre dans l’incohérence. Alors il s’éloigne de son organisation dans ses
comportements et l’on constate que la valeur argent remplace symboliquement
toutes les insatisfactions au détriment de la valeur travail.
« Peut-on y faire quelque chose ? » Ma réponse est
oui ! « Comment ? » En changeant nos attitudes et
nos comportements. Ce n’est pas à la société de changer mais à l’Homme de
modifier son regard et de se rediriger vers l’autre.